Il était apparu soudainement, et avait disparu dans la seconde, comme une erreur vite corrigée.

Patrick Nalaud n'en était plus très sûr. L'avait-il vraiment vu ? C'était il y a déjà trois jours, et il doutait parfois de ce qu'il avait aperçu dans cette rue du centre ville de Lyon, un après midi froid et ensoleillé. Il n'était pas sujet aux hallucinations et pourtant il voyait encore, comme une persistance rétinienne qui refuse de se dissoudre, le visage de cet homme, l'air effaré, dans une posture improblable, apparition brève et intense imprimée à jamais dans son esprit.

L'avait-il vraiment vu ? Cette idée tournait à l'obsession dans l'espace libre de son esprit. Libre et curieux.

Sur le moment, il n'avait pas cru ce que lui disaient ses sens. C'était probablement un reflet dans une vitrine, un jeu de lumières, un rêve éveillé, une fatigue passagère. Et pourtant, les heures passant, un trouble s'installa dans son esprit, trouble qui prenait racine dans ce que la raison n'atteint pas : il avait l'intuition que tout son être aurait pu toucher et sentir cette apparition, il avait entendu l'inaudible respiration de ce passager pressé. Cet homme était apparu devant lui, comme un flash, et avait disparu aussitôt, sans raison.