Tout le monde le connaît...
Tout le monde...
Mais si! Lui là... Le paki! Celui qui vend les roses.
Le grand qui sourit tout le temps.
Tu vois bien que tu le connais!
On le voit tous les soirs, il passe au café de La Mégère qui Sent. Il vient aussi au bar du Marin Sensible et au Grumeau Fluide, la boîte gay de Saarmeille pour vendre ses roses fanées.
On le croise tous les soirs à Saarmeille, partout, même que Roland il dit qu'il l'a vu bourré à la fête de la musique.
Il gisait dans sa gerbe, assis contre la vitrine du Françoise Quoirez, avec son bouquet de roses éparpillé à ses pieds, et il souriait comme un bienheureux, aux yeux de la faune locale qui fréquente les bars du coin.
Les pompiers sont venus l'évacuer, même qu'une femme a ramassé ses roses et les a placé dans un pot avec de l'eau.
Peut-être que tu ne t'es jamais demandé, mais est-ce que tu sais exactement ce qu'il fait la journée, pendant tout ce temps où tu ne le vois pas? Alors que tu ne te rappelles même pas jusqu'à son existence, que tu es au boulot, que tu règles les problèmes d'intendance, que tu remet un filtre dans le percolateur pour préparer le café (quatre grosses cuillers de café Autrement, 7 volumes d'eau, avec deux sucres et un nuage de lait), ou pendant que tu dévores un poulet frites au Grill des Grillades, tout en réfléchissant à comment optimiser la productivité du nouveau secteur qui vient de t'être confié?